dimanche 8 décembre 2019

Semaine du 8 décembre 2019



Janvier 2019: un livre prend forme
Décembre 2019: il vous attend

Livre publié et numéroté à compte d’auteur, 86 planches couleur, 56 poèmes
Impression de haute qualité, 74 pages
Prix net : $ 45.

Janvier 2019

Un livre prend forme
Des dessins, des textes
Écouter les couleurs qui se répondent
En conversations impromptues
Et délibérées

Choisir 
Ah! choisir
Et mettre en page
Et recommencer 20 fois
Relire, ajuster

Juillet 2019

C’est presque fini
Sans être fini
Modifier les marges
Contrôler les espaces
Respirer devant l’écran
Qui deviendra papier
Et peut-être émotion

Préférer les uns
Aimer les autres
Écarter et retenir
La pulsation des pigments
La fragilité des mots

Décembre 2019

Ils sont 50
Imprimés
Numérotés 
Prêts à être ouverts
Et partagés

À allumer le regard
Pour voir l'invisible
Autrement

Pour me joindre: v.poussart@globetrotter.net


Semaine du 8 décembre 2019

Sonorités d'ailleurs

D’un pays
D’un ailleurs
Viennent les sonorités
Inconnues
Faites d’argiles et d’étain

Je repère
Au sommet de l’armoire
Des nappes de brouillard bleu
Effilochées
Sorties de nulle part
Alors que des piles en équilibre
Risquent de tomber

Je fais le tri
J’emballe le passé
Les vases les verres
Les vaisselles rares
Dessus les dessins
D’un pinceau japonais
Dessus les coulisses
D’une glaçure trop fondue

D’un pays
D’un ailleurs
Viennent en sourdine
Les rires des tables d’été


Véronique

© 2019 Véronique Poussart

dimanche 1 décembre 2019

Semaine du 1 décembre 2019

Les abris

Où abriter son cœur
Quand les vents sont contraires
Où glisser le cri silencieux
Entre les couvertures tièdes
Des jours semblables

Rien n’est cadré
Rien n’est placé
Ni le vase sur la table
Ni la valise dans l’armoire

Les livres s’empilent
Chargés de leurs histoires
Au hasard les ouvrir
Les reposer sans les lire
Une phrase tantôt
Suffit au moment

Et la musique
Dans la pièce d’en arrière
Remet la pendule à l’heure
Rouge rose
Églantine
Se faufile en passant
Sur les papiers égarés


Véronique

© 2019 Véronique Poussart

dimanche 24 novembre 2019

Semaine du 24 novembre 2019

Les voix silencieuses du cerveau


Si facile à oublier
Pourtant il y a peu
Je me suis dit
Où ai-je la tête
Je dérivais entre un geste et l’autre
Je commençais un mouvement sans le finir
Je préparais un café
Puis le laissait refroidir
Allant observer les écureuils
Au nord et au sud

Il opérait pour moi
Infatigable et protecteur
Gouvernant les routines
Rappelant les imprévus

Si facile à oublier
Lui qui vivait seul à ma place
Enregistrant les souvenirs
Fixant les rendez-vous avec le quotidien

Est-il rose
Je ne sais
Est-il bleu
Peu m’importe
C’est ainsi qu’il s’est dessiné
Je l’ai laissé faire
En grand allié qu’Il est
Sur le chemin de ma vie


Véronique

© 2019 Véronique Poussart

dimanche 17 novembre 2019

Semaine du 17 novembre 2019

Voyage en terre inconnue

Il se tenait là
Appuyé sur une des bornes de l’aéroport
Un sac à dos
Un foulard bien chaud bobiné à son cou

Les destinations filaient à toute allure
Laissant à peine le temps de faire un vœu
Le cliquetis des changements
Le gardait éveillé attentif captivé

C’est à ce même moment
Tout à fait improbable
Que simultanément
Un papillon et un flocon
Sont passés devant lui
Où aller?
Où partir?

Où aller pour trouver le printemps
Les feuilles en accéléré
Les tapis de scilles éphémères
Où aller pour trouver l’été
Ses orages soudains
Ses ciels pourpres et orangés
Et l’automne
Dans son déploiement indécent de beauté
Près des chênes écarlates

Et l’hiver... oui l’hiver
Les blondeurs des maïs 
Dépassant pour un temps de la neige
Les verglas en transparence
Tombant sur les surfaces glacées
Faisant musique et chanson sous le vent

Où aller pensa t-il une fraction de seconde
Une éternité
Où aller?

J’ai su l’histoire par un ami
D’un ami
J’ai su qu’il vivait quelque part
Là où la terre se nomme
Kamouraska
Et que souvent
Il marchait sur les aboiteaux

Véronique
© 2019 Véronique Poussart

dimanche 10 novembre 2019

Semaine du 10 novembre 2019

Brouillards

Dehors
La neige amène de ces brouillards 
Surprenants 
Les flocons battent le rythme
Des transparences
Sur les paysages à demi effacés

Ici
Dans une boîte
Il y a vos noms et vos magies
Il faut toujours déficeler les noeuds
Pour retrouver les moments bénis
Et convoquer le passé

Ainsi seulement
La beauté des saisons reviendra
Derrière le brouillard du présent

Véronique

© 2019 Véronique Poussart

dimanche 3 novembre 2019

Semaine du 3 novembre 2019

Imaginer

Je l’imagine

Dans le carré bleu des fenêtres

Observant le voilé du jour
Les vents violents se calmeront
Il s’en doute

Ses mots sont encore chargés de secrets
Ce lieu est encore le sien
Il a égrené ses traces de sciure et d’images
Parcouru les atlas d’une terre méconnue

Je l’imagine marchant d’un pas rapide
Sur les routes arrêtées du passé
Les bâtons rythmant les étapes
Faisant résonner couleurs et lumière

Je l’imagine
Me consolant




Véronique

© Véronique Poussart 2019

lundi 28 octobre 2019

Semaine du 27 octobre 2019

Octobre

Les tons fanés de l'automne
Prennent le relais
Verts et rouges remisés sous les haies

C’est un temps à promener
Ses peines
L’amitié en écharpe 
Au cou et bien serrée

D’autres dont j’ignore
Les noms et les vies 
Portent aussi leurs blues
En marchant près de moi

Véronique

© Véronique Poussart 2019


dimanche 20 octobre 2019

Semaine du 20 octobre 2019

La plaine s'étire

Sous les vents frisquets
Quittant les verts passés 
Les oiseaux s’envolent
Que faire
Que faire
Sinon remiser
Les vestiges de l’été

La mémoire s’épuise 
À tout retrouver
D’un temps de bonheur
Aujourd’hui dispersé

Plus de fleurs à couper
Car toutes fanées
Les graines à présent
Glissent
Inlassablement 
Dans les terres labourées

Sous les haies 
Les feuilles
Pilées avant l’hiver
Font des chansons douces
À qui veut les entendre


Véronique


© Véronique Poussart 2019

dimanche 13 octobre 2019

Semaine du 13 octobre 2019

Les jours heureux

Si nombreux
Si clairs
La lumière des saisons 
La lumière des années


Véronique

© Véronique Poussart 2019

dimanche 6 octobre 2019

Semaine du 6 octobre 2019

Toi

Au bord de l’étang
Ne reste qu’une chaise

Les reflets sur l’eau
En arabesques tristes
Me chuchotent tendrement
Tes mots amoureux
Aujourd’hui passés


Véronique

© 2019 Veronique Poussart

dimanche 29 septembre 2019

Semaine du 29 septembre

Les plaques tectoniques

L’imperceptible travaille en douce
Glisse et se faufile
Millimètre par millimètre
Un jour suivant l’autre

Et la vie continue en surface
Comme si rien n’altérait les contours
À peine une ou deux fissures
De minuscules craques

Mais il est tout à coup
Une seconde
Chargée de toutes les impétuosités
Dans un fracas terrifiant
Elle cisaille et transperce

Plus rien ne sera comme avant
On regarde les arbres penchés
Les ruisseaux creusent un nouveau lit
Là-bas la montagne se fait un dos rond

Que m’as-tu dit donc
Que m’as-tu dit
À ce moment-là?


Véronique

© Véronique Poussart 2019

dimanche 22 septembre 2019

Semaine du 22 septembre 2019

Partir Rester


Il faisait frais
Un vent léger courait sur l’eau
Soulevant de minuscules vaguelettes

Une grande île en face
Des voiliers au plus près
Au fond du paysage d’autres îles
Se soulevaient de terre
Remorquées par des nappes de brume

De mon banc
J’observais un travailleur
Peignant patiemment
D’un rouge éclatant
Les jonctions des passerelles
Mise en garde
Avant la mise à l’eau

Puis un goéland a tracé de son ombre
Le parc fraîchement coupé
Dégarni des dernières fleurs
Un papillon s’est envolé
Lui aussi

Bien sûr
Je ne me suis pas envolée
Tout simplement
Le cœur calmé
Je me suis levée
Et j’ai quitté en douce
Ni vue ni connue

Véronique 

©  véronique Poussart 2019

dimanche 15 septembre 2019

Semaine du 15 septembre 2019

Les collines de l'enfance

Elles n’existent plus qu’en mémoire
Les feuilles fragiles du passé
Se sont envolées

Je les revoie pourtant
Enveloppantes
Glissant dans l’air bleuté et humide
Au bord de la nuit
Les premiers éclats du jour
Fissurant leurs formes mystérieuses

Entre les silhouettes alanguies
Les bruits rares et feutrés
Toujours quelque chose
La vie en arrière
Les rues un peu pentues
Le sac un peu lourd
Des premiers 2 et 2 font 4

Cahiers d’une nature innocente
Les saules au loin
Leurs feuilles vert de gris
Colchiques dans les prés
C’est la fin de l’été


Véronique
©  Véronique Poussart  2019

dimanche 8 septembre 2019

Semaine du 8 septembre 2019

Un ouragan parmi d'autres


Des îles lointaines
Mais sous trajectoire
Des maisons et des vies
Hachées menues
Par les déferlantes

Les quarantièmes rugissants
Se sont offerts l'Atlantique
En terrain de jeux
Et tout s’est disloqué

Chavirés les cœurs
Chavirés les barques
Goût amer des recommencements
Courage en havre-sac
À porter pour longtemps

Quel imbécile a dit
Ce n’est rien ce n’est rien
Quel imbécile!


Véronique Poussart 
© Véronique Poussart 2019

Pour plus d'information  sur l'artiste, cliquer ici: veroniquepoussart.com

dimanche 1 septembre 2019

Semaine du 1er septembre 2019

Rentrée scolaire *

* Pour Tristan

29 août
Lever à l’aube
Sacs en rangée
Sac de sport
Sac de cahiers
Sac de crayons
Sac carottes pommes
Sac jambon biscuits

Une cour d’école
Comme une grande boîte de rires
De retrouvailles
De parents attentifs
De grands-parents bienveillants

Une classe
En bureaux neufs
En prénoms collés
La vue sur les arbres

Dans le gymnase
Jouant seul au ballon
Un prof sportif
Rêve aux joutes futures

Ce n’est qu’un début
Car il n’est pas encore septembre
Les devoirs la mémoire
Ce sera pour plus tard

En attendant
Tristan Jordan et Félix sont là
C’est la fête!

Véronique

©  Véronique Poussart  2019

Pour plus d'information, cliquer ici : 


dimanche 25 août 2019

Semaine du 25 août 2019

Groenland

Les maisons de couleur résistent
Éparpillées
Entre la toundra 
Et les glaces

Groenland
À la une depuis peu
Convoitée
Désirée
Marchandée
Comment a-t-on dit
Stupide proposition

Comme si tout s’achetait
Et se négociait
Comme si le pouvoir 
Octroyait tous les droits

Semblables à celles
Des terres isolées
Les couleurs font rempart
Dans le blanc
Pourvu qu’il en reste
Et des givres et des banquises...


Véronique

dimanche 18 août 2019

Semaine du 18 août 2019

Fragments d'un été

Quelques glaces
Framboise vanille
Praliné chocolat

Des champs colza
Trèfle seigle
Vous me le dites
La lavande
Ce sera l’an prochain

Difficile de mettre les jours en bouteilles
Tous les couchers moirés
En photos
Tous les livres sur la table

C’est sans bruit
Que l’on cueille les petits fruits
Part d’inconnu
De chaque aujourd’hui


Véronique
©  Véronique Poussart  2019

dimanche 11 août 2019

Semaine du 11 août 2019

Nuages et balivernes

Sous les cumulus
Les grains se forment
Impétueux et brefs

Au pas de course
On range les outils
Et ferme les carreaux

À l’horizon
Glissent les cirrus
Alanguis et discrets
Sans y prendre garde
Il serait facile de croire
À un été éternel

Mais pour sûr 
Il n’en sera rien
Le soleil mène son pas
Plus court le jour
Plus tôt le crépuscule

À l’ouest déjà
Les fissures dans la lumière
Les feuilles retroussées
Annoncent la prochaine ondée

De voyage en voyage
Comme des oiseaux migrateurs
Cotonneux et duveteux
Leurs ombres filent un temps
Dont nous sommes étrangers


Véronique

©  Véronique Poussart  2019

dimanche 4 août 2019

Semaine du 4 août 2019

Là-bas

Là-bas
Un peu en dehors des cités conquises
Une vaste plaine
Rouge sèche rocailleuse

Territoire d’une terre soulevée par les vents
Des nuages blancs d’où aucune eau ne coule
Les légendes y circulent
Happées par le tourbillon de l’horizon

Faut-il que tu le traverses
Faut-il l’arpenter de long en large
Et se soumettre à son silence

En bord de terre tu regardes
Écoute et respire
Le silence des grillons
Le frottement des pierres contre le sable

Sous le ciel brûlé des journées d’août
Aucun endroit n’est de tout repos
Rien à toucher rien à prendre
La terre calcinée
S’est répandue sous les pas


Véronique
©  Véronique Poussart  2019

lundi 29 juillet 2019

Semaine du 28 juillet 2019

Baleines à la mer

Les rochers s’arrimaient aux rochers
S’aggutinant de carapaces en carapaces
Faisant front aux vagues
Guerriers de la dernière heure

À peine du sable
À peine du varech
Enlacés entrecroisés
Mariage des ciels mouillés
Des granits et des ressacs

Personne ne va là
Personne ne s’approche
Les craquements de l’eau
Éclatent en secondes mouillées

Un rorqual passe au loin
Plonge sonde et fend le paysage
L’air est gris et mauve et vert
Je l’ai vu de mes yeux vu
Dans la profondeur marine
Gisent des rochers enchantés


Véronique
©  Véronique Poussart 2019

dimanche 21 juillet 2019

Semaine du 21 juillet 2019

Les avoines

Le vent couche les avoines
Derrière les lins bleus
Tombent les pluies


Véronique
©  Véronique Poussart  2019

dimanche 14 juillet 2019

Semaine du 14 juillet 2019

Observations

Nul besoin d’un laboratoire
Pour observer 

Chaque jour donne à voir
Pour peu que
L’oeil et le cerveau s’entraînent

Un passant claudique dans la rue
Sans canne et plein d’ardeur
Et ceux-là portent leur cabas
Pour un pique-nique en famille

Le train n’a plus le même horaire
C’est ce que dit la brume
De l’autre côté du fleuve

Huit cerises rougissent dans l’arbre
Pas encore d’oiseaux pour les picorer
Les roses ha oui les roses
Écloses et s’abandonnant déjà
Devant les chaleurs du jour

Le léger vent du soir
Porteur de fines aventures
Sans cris et sans pathos
Une soirée pour se rappeler les vers de Rimbaud
Écouter les notes s’égrainer
Ella Fitzgerald

Bruits de fougères
Livres de contes
Café du soir
Tout est parfait



Véronique
©  Véronique Poussart  2019

dimanche 7 juillet 2019

Semaine du 7 juillet 2019

Le rose des roses

Elles ont commencé à éclore
Et scintillent au jardin
De loin facile à repérer
De près
Faciles à respirer

Éphémères
Fragiles
Dirait-on
Évocation de vacances
De jardins protégés
De siestes sous l’arbre

Aussi fugaces
Que du soleil sur les murs
Aussi évocatrices
Que de vieilles cartes postales

À cause de leur perfection
De leur aspect un peu suranné 
Leurs pétales s’échouent
Entre les pages d’un livre
Comme un bateau
S’ancrant dans la rade

Le rose des roses
S’est allongé sur la page
C’est ainsi parfois
La nuit


Véronique
©  Véronique Poussart  2019

dimanche 30 juin 2019

Semaine du 30 juin 2019

Falaise

Ce matin-là
Tous les dieux de l’Olympe
D’un commun accord
Avaient illuminé la falaise

Le brouillard se levait
Chantant le chant des baleines
Dans un dernier cri

D’un coup de nageoire
Tout pouvait disparaître
Tomber à jamais
Embruns contre vagues
Buées contre lumière

Véronique

©  2019 Véronique Poussart


Pour accéder au travail de l'artiste, cliquer ici:veroniquepoussart.com

dimanche 23 juin 2019

semaine du 23 juin 2019

Tessons en eau salée

La mer me manque
Trop longtemps
Sans les vagues
Sans les odeurs des rochers
Sans les minuscules organismes
Abrités dans les flaques
Aux reflets de nuages

Les bruits
Les pas sitôt faits
Sitôt effacés
Les marques d’un varech échappé
Se sont cachées
Dans une mémoire indélébile

Je cueille les souvenirs
Comme on ramasse les morceaux
Tessons transportés délavés
Dépolis et adoucis
Au gré des années

Je cueille les bruits de mer
Je les dépose à l’abri
Dans une nacelle sans nom
Que celui de nostalgie

Véronique
©  Véronique Poussart