dimanche 19 mai 2019

Semaine du 19 mai 2019

Gordes

L’air y est sec et clair
Les pavés blonds des terrasses
Écrasées de soleil
S’embellissent
À mesure que le temps passe

La mémoire
Pétrit les souvenirs
Les amalgame
Dans les mêmes sillons

Heureux heureux
Qui comme Ulysse
À fait un long voyage

À Saumane
À Gordes
Je flâne encore
Je savoure les olives
Les fruits confits
Les cafés des placettes

Pour ce jour
La pousse des feuilles
Les verts tendres
Les pivoines sortant du sol
Me suffisent à peine
Car foulard au cou
Je me promène
Porte fermée
Je me protège


Véronique

© 2019 Véronique Poussart

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dimanche 12 mai 2019

Semaine du 12 mai 2019


Femme au transat

Hélas! Ce n’est pas moi
J’aurais bien aimé pourtant
Me faire un vague à l’âme
Avec fond de clapotis

Une autre fois peut-être
L’été n’est même pas là
Et les robes restent pendues
Sur les cintres du passé

Véronique
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©  Véronique Poussart  2019

dimanche 5 mai 2019

Semaine du 5 mai 2019

Ode au râteau

Il est aux jardiniers
Ce qu’est la casserole de cuivre aux chefs
L’aiguille à la brodeuse
Le ciseau au sculpteur
La branche à l’oiseau

Confiné dans les appentis de l’hiver
Relégué aux crochets improvisés
Le voilà à nouveau
Géant
Imparable et inouï

Si vigoureux à la tâche
Si hardi à mettre en tas
Feuilles branches voire papiers égarés
Qu’il a depuis belle lurette mérité
Lettres de noblesse
Et témoignages immortels

Un jardin japonais sans lui?
Une terre bien égale pour les radis?
Il réagit à nos désirs
Prenant même les devants quand il le faut

On le pose et se repose
Voilà qu’il en redemande
Insatiable et gourmand de toutes ses dents

Là-bas encore des tiges fanées
Ici des branchages menus
S’il le fallait
Il mettrait même les nuages au pas

S’il a de l’âge on le préfère encore
Obéissant aux coudes et aux poignets
Le voilà qui me réclame
Moi qui n’ai même pas pris le temps
D’une ritournelle ou d’un sonnet


Véronique
©  Véronique Poussart  2019

lundi 29 avril 2019

Semaine du 28 avril 2019

Un oiseau ne fait pas le printemps

On pourrait le croire
À voir passer les oies par milliers

Elles piaillent
Et tout en volant à l’unisson
Elles tracent mon prénom

Étrangement
Parfois en direction de l’est
Parfois en direction du sud
Déterminées
Comme un immense corps
Rapaillant ses morceaux

Si nombreuses
Longeant la falaise
Effarouchées d’un rien
Insensibles au froid
Marquant la distance
Avalant les routes invisibles

J’attends quand même les mésanges
Les orioles les merles
J’attends l’herbe et les crocus
Pour nommer la saison

Véronique
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©  Véronique Poussart  2019

dimanche 21 avril 2019

Semaine du 21 avril 2019

Notre-Dame

 D’où que l’on soit
Notre-Dame flambait

De chaque côté de la Seine
De chaque côté de l’océan
Notre-Dame flambait

Mon cœur couleur poussière
Revoyait ses seize ans
La pénombre la lumière
L’écho dans l’air
Tournant autour des colonnes
Une brume fine
De passé qui s’écoule

Des bruits des chuchotements
Des couleurs d’un temps révolu
Morceaux de verre
Brûlés dans les cartes postales

De chaque côté de la Seine
De chaque côté de l’océan
Notre-Dame flambait


Véronique

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©  Véronique Poussart 2019

dimanche 14 avril 2019

Semaine du 14 avril 2019

Désir d'été

Comme un désir d’été
Dans le compotier vernissé
Trois pommes à regarder
Trois pommes à croquer

La neige recule
Assiégée
Vaincue 
Par la première douceur

Il faut rendre les armes
Comme elle
Et profiter du dimanche 

Véronique
©  Véronique Poussart 2019

dimanche 7 avril 2019

Semaine du 7 avril 2019

Marins d'eau douce

Observer les îles
Les méandres les chenaux
Les terres argileuses 
Chargées de limon
Que la mer charrie sans fin

Enregistrer les bruits sourds
De la  côte découpée
Dentelle pour les oiseaux de rivage
Cousue recousue
Au rytme des vents de passage
Et des érosions

Ainsi vont les promenades
Des marins d'eau douce
Les bottes bien assurées
Sur les sentiers imprévus
Ils se mettent en parenthèse
Entre l'eau et le continent
Dans les herbes hautes

Ils sauront disparaître
Le regard tendu

Vers des parcelles d'invisible

Véronique
©  Véronique Poussart  2019