dimanche 27 septembre 2020

Semaine du 27 septembre 2020

Les mouvements du coeur

D’où je suis
J’observe
La chaleur
Elle glisse sur le jardin rouillé
Comme l’eau
Sur le dos des canards

D’où je suis
Je vois
Ce qui est présent
Et ce qui manque

D’où je suis
Je vois
Qui est présent
Et qui manque

Toi


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 20 septembre 2020

Semaine du 20 septembre 2020

Fenêtre sur horizon


Le ciel s’est lavé
Et débarrassé des chaleurs estivales
Il reluit des lumières d’automne

Comment choisir entre l’eau
Les dernières coupes de foin
Les érables aux couettes rouges
Et les arbustes grenat

Comment choisir entre la promenade
En solitaire foulard au cou
Ou le repas des récoltes
Résonnant des sons de l’amitié

Et d’ailleurs
Pourquoi choisir?

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 13 septembre 2020

Semaine du 13 septembre 2020

 


Hommage à Folon

Il dessinait des arcs-en-ciel
Des nuages dérivant en douceur
Ses hommes bleus se promenaient
Légers et libres

Des maisons comme des bulles protectrices
Pour les peines du coeur
Des murs de briques
Dans les courants d’air des villes
Des rouges flamboyants
Contre les pastels des petits matins

Folon des mécaniques
Folon des oiseaux
Folon des rivages ourlés d’écume

La poésie doit rester
Nous a-t-il dessiné
La poésie doit rester
Et glisser
Des musiques cristallines
Dans la sécheresse des déserts

Véronique

© 2020 Véronique Poussart 





dimanche 6 septembre 2020

Semaine du 6 septembre 2020



Campagne



Une lumière différente
Sur les champs blondis

Cela commence à sentir le roussi
Et les verts sont moins vifs

Les plus urbains
Se précipitent aux pommes
Rêvant compotes nature
Et gelées roses

Dans les rangs assoupis
Les asters bleuissent
Les quenouilles courbées 
Sous l’air frisquet
Incitent au regret
D’un été trop vite en allé

Et les souvenirs
Où sont cachés les souvenirs?

Véronique

©  2020 Véronique Poussart

 

dimanche 30 août 2020

Semaine du 30 août 2020


 Les arbres se parlent aussi la nuit


Partager son territoire
Échanger les lieux secrets des sources
Nommer la terre l’humus l’herbe la tourbe
Nommer les vents et les bruissements
Dire l’oiseau le nid le vent
Dire l’orage au loin
Et la tiédeur parfois

Dire les heures 
Au travers des aiguilles et des feuillages
Dire les ombres des clairs de lune
Les réveils ambrés
Des levers du jour
Et les ombres étirées des derniers jours d’août

Les arbres se parlent
Et nous racontent des histoires immuables
Et de racines en branches
Se racontent nos sommeils fragiles

Véronique

©  2020 Véronique Poussart

dimanche 23 août 2020

Semaine du 23 août 2020


La rentrée 




Ils s’appellent Max
Jonathan Émilie 
Catherine ou Claudine 

Hauts comme deux pommes
Décidés et craintifs
Leurs cahiers sont prêts
Estampillés de partout
Une veste au cas où
Des espadrilles neuves 
Brillantes de tous les pas non franchis

Ce sera une rentrée étrange
Peut-être
Une rentrée masquée 
Peut-être
Les pronostics sont emballés
Rien n’est garant de rien

Ah! Si 
Un écran comme au cinéma
Une danse un ballon

Ils s’appellent Jérôme 
Édouard Sébastien
Anne ou Juliette

Véronique


© 2020 Véronique Poussart

dimanche 16 août 2020

Semaine du 16 août 2020

La régate 



Tous partis face au vent
Marins chevronnés
Ambitieux de gagner

Leurs yeux évaluent les distances
Les corps évaluent leur résistance

Je me tiens loin
Presque en dehors du paysage
Je ne vois que les voiles blanches
Se déplacer là-bas

Que le meilleur gagne
Le visage baigné
Des embruns salins
Que le meilleur gagne
Et recommence
L’an prochain


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 9 août 2020

dimanche 2 août 2020

Semaine du 2 août 2020

L'espace de l'eau


Tantôt elle glisse
Corps de danseuse
Entrechats
Sauts légers

Tantôt elle sautille entre les pierres
Vive comme une répartie imprévue
Son bruit calme ma mémoire
Me ramène au temps
Où parfois 
Les jours se prolongeaient tard

Elle se faufile
Musicale envoûtante
Chaque goutte portant sa différence

Qu’elle soit timide dans le robinet du jardin
Souterraine et cachée
Tumultueuse en rouleaux impétueux
Érodant sables et falaises
Si multiple et si changeante
Elle a su dissoudre les couleurs des aquarelles
Et se glisser sur l’écran

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 26 juillet 2020

Semaine du 26 juillet 2020

Partitions d'été

À grands coups de pinceaux
L’été trace ses paysages
Pistes mauves des forêts
Terres éclaboussées
De foins coupés
Fruits à cueillir
Fruits à goûter

Il traverse les toiles
Des dessins à venir
Et s’enroule de doré le soir venu

C’est un personnage de théâtre 
Alors que tout est fermé
Il est temps d’écouter ses partitions
Tout est bref
Je le sais

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

lundi 20 juillet 2020

Semaine du 19 juillet 2020

Quand le jour se lève

Aujourd’hui
Il déplie son bleu
Comme un papillon
Il ouvre ses ailes
Dans la brise matinale
L’espoir est permis

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 12 juillet 2020

Semaine du 12 juillet 2020

Lames

Lames et larmes
Seulement l’air pour les séparer
Dans les fracas sans fards
Partir et s’éloigner
Couper les ponts 
Et traverser la lande

Au retour
L’herbe sent les vagues salées
L’herbe sent les larmes salées


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 5 juillet 2020

Semaine du 5 juillet 2020

La ville d'en face


Sous la chaleur
Elle blondit
Le soleil monte au nord
Et s’enhardit

Dans quelle baie
S’alanguira encore
Ce pays de passage


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 28 juin 2020

Semaine du 28 juin 2020

Mise en boîtes


Combien de boîtes
Pour résumer le temps
Combien d’objets
Pour l'arrimer

Je pile et dépile
Qu’y a-t-il à garder
Qu’y a-t-il à soustraire
Encore

Le peu suffit sans doute
Seul compte ce qui importe
Vraiment

Ce chapeau d’explorateur
À lui seul
Emballé
Dans la boîte bleue à côté
Me dira tout
Du passé


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 21 juin 2020

Semaine du 21 juin 2020

Brouhaha


Le calme n’est qu’apparence
Sous la ligne des heures
Un immense charivari
Gagne du terrain

En sortir indemne
Garder le cap
Aligner les énergies
Comme autant d’étoiles
De la Voie Lactée

Caser l’incasable
Et renouveler le langage
Des fleurs et des objets

Le cœur bat
De tous ces changements
Rien ne domine
Mais
Tout est présent


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

lundi 15 juin 2020

Semaine du 14 juin 2020

Pour qui se demanderait

Pour qui se demanderait
Est-ce un plateau sous la lune
Des pastels écrasés
En poudres paysannes

Des rochers aiguisés
D’un temps révolu
D’une route sans balises

Pour qui se demanderait
Suis-je allé là-bas 
Où irais-je demain

C’est un plateau sous la lune
Un matin à grands pas
Un pastel écrasé
En poudres paysannes


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 7 juin 2020

Semaine du 7 juin 2020

Parcours de vie


Nous les croyons accidents de parcours
Imprévus
Surgissant tout à coup

Il faut alors les nommer
S’en faire des amis
Et jouer ses atouts

Comme des dés lancés
Dans le hasard des années
Harnachent les évènements
Noirs blancs et de tous les tons

J’ai retourné les cartes
Et il me faut quitter
Je le décide hors de mon gré
Mais le décide quand même

Choisissons-nous
Le vent de face ou de côté
L’heure précise du soleil contre le cerisier
Et que les lettres n'arrivent plus

Indifférentes à nos soubresauts
La terre et la lune prennent leurs quartiers
J’avance dans l’inconnu
En empruntant un certain sentier

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 31 mai 2020

Semaine du 31 mai 2020

File indienne 1


File indienne 2


Finis les sauts de côté
Les gestes impétueux
Les tendres accolades

Règles et nécessités
Sont devenues
Nouvelles fêtes et parades

Sur le sentier de la guerre
À la recherche du temps perdu
Entre confiance et galère
On bat la mesure

Les mois comme un tambour
Les jours comme des baguettes
Se rappellera-t-on plus tard
Des distances nous séparant
De s’être voulu semblables

Attendre le prochain saut
Et la belle incartade
Et sans la file indienne
Se parler de plus près
De l’été de demain

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 24 mai 2020

Semaine du 24 mai 2020

À Sébastien

Les cyclistes

Troisième dimanche
Sous les verts
Les cyclistes jouent du mollet
Courbent le dos
Sous les vents frisquets

Je les connais
Ils gravissent les montées
Aiguisés par leurs défis
Tant et tant de plaisir
Sous leurs casques
Et leurs maillots colorés

L’eau fraîche de leur gourde
Se réchauffe
À la vitesse d’un soleil
Grimpant les côtes avec eux

Une montre une boussole
Une carte en tête
Les kilomètres en bandouillère
Le temps s’arrête
Vélo délice
Vélo complice

C’est du moins
Ce que mon fils raconte
Après les beaux soirs de printemps
Les escapades dorées
Et les routes ombragées piquetées de lumière

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 17 mai 2020

Semaine du 17 mai 2020

Pourquoi pas 

Pourquoi pas 
Être surbmergé par le printemps
Et reprendre la vie laissée en vadrouille

Dans l’armoire
Des dictionnaires
S'étaient ouverts
À la mauvaise page

Survivre
Les gouaches des paysages
Le disent
Attelées au soleil
Pourquoi pas
Une journée
À habiter d’un nouveau regard


Véronique
© 2020 Véronique Poussart

dimanche 10 mai 2020

Semaine du 10 mai 2020

Les cartes d'hier


Y restent des traces de mouillages
De jours disparus
De coches gravées
Dans les cales des voiliers

Des toiles solides
Cousues et recousues
Points de marins
Et points d’aventures

Dans les criques et les baies
Le bois s’amoncelle
Et ton nom dérive
Dans sa bouteille à la mer

Chacun reste chez soi
Entouré de ses bras
Câlinant son espérance
Et rêvant de bouger

Les cartes restent
Sans les partances
Les maisons sont des îles
Où nul n’accoste
C’est le grand bleu
Là-bas

Là-bas
Comme les cartes l’avaient nommé


Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 3 mai 2020

Semaine du 3 mai 2020

Pour un peu...


Pour un peu
Le printemps serait là
À nous éclabousser de vert
De bruits de la vie qui passe
Dehors

Des mouvements nets et francs
De klaxons
De bicyclettes d’enfants
De cordes à linge un peu rouillées

Il nous reste les oiseaux
Les bernaches les oies
Les pics les merles
Il nous reste à croire en mai
Et à ses promesses

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 26 avril 2020

26 avril 2020

Quatre strophes pour Telemann

Cinquante fois
Il lui a dit je t’aime
Mais ce n’était pas suffisant
Il a pensé
Des mots d’amour
Il en faut cent

Cinquante pas
Derrière chez lui
Et puis devant
Mais ce n’était pas suffisant
Il en a fait cent

Cinquante tulipes 
Il a cueilli
Pour un bouquet si grand
Ce n’était pas suffisant
Pour son vase
Il en fallait bien cent

Cinquante fois
À écouter TELEMANN
Même cent fois ne  suffisent plus
Alors
Il l’écoute tout le temps

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 19 avril 2020

Semaine du 19 avril 2020

Le tour du monde


Dans une déferlante 
D’événements
Scénario d’aventures s’il en est
Il ne fallait à Jules Vernes
Que 80 jours

Aujourd’hui
De nos maisons-batyscaphes
À l’abri de l’invisible
Faire le décompte des jours
Frôle le bizarre

Des nano-secondes
Pour recevoir les espoirs de la planète
Les mots d’amour
Les désespoirs

80 jours
C’était finalement bien long
Pour découvrir les continents
Et bien court
Pour décrire les sentiments

Véronique
© 2020 Véronique Poussart

dimanche 12 avril 2020

Semaine du 12 avril 2020

À Antoine

La voie maritime


Des Escoumins aux écluses
Elle s’étire
De marée basse
En marée haute
Chaque jour
Long ruban inégal

À fleur de baleines
À fleur de rochers de hauts fonds
Aussi imprévisible que la vie
De méandres de ponts et de quais
Sous les glaces
Et les bois flottés

Y voir l’autre rive
Et se perdre sans fin
Des îles et des chenaux
Comme les mots d’un dictionnaire

Ouvrir le voyage des barges
Des vraquiers
Des porte-conteneurs
Lire les cartes marines
Changeantes aux vents d’automne

De sa timonerie
Avancer sur des routes secrètes
Et sous les vols des oiseaux marins
Assurer le parcours

Il m’a raconté
Des histoires de bateaux
De laquiers de traversiers
De cargos et de remorqueurs

Il m’a raconté 
Le pilote
Ces jours au long cours
Où scruter l’horizon
Précède les manœuvres
Où le battement des moteurs
S’entend de si loin
Et nous rassure

Véronique

© 2020 Véronique Poussart



dimanche 5 avril 2020

Semaine du 5 avril 2020

Seule

Le printemps émerge
Secoue le froid
Et s’ébroue comme un chien
Au sortir de la rivière

Par les fenêtres
Soudain 
Une corneille
Un voilier d’outardes
Un marcheur

Dans la presque immobilité
Des semaines
Le temps s’étire
Anormalement
Pour une fois
Trop de secondes
Trop de minutes

Barbara chantait si bien ce temps déformé
Dis, quand reviendras-tu?

Véronique

www.youtube.com/watch?v=2y_aQ5ZLcR4


© 2020 Véronique Poussart

dimanche 29 mars 2020

Semaine du 29 mars 2020


Endroit Envers


Se voir
Se toucher
Marcher côte à côte
Se donner des rendez-vous
Ciné musée parc
On croyait que ça durerait toujours

La réalité s’est dissipée
Comme soudain l’été un nuage disparaît 
Elle s’est fragmentée
Laissant des morceaux de souvenirs
Des signes ténus
La lumière de fin mars
Un livre entrouvert
Un flacon entamé

La réalité
N’est cachée 
Ni à l’envers
Ni à l’endroit
Comme au théâtre les masques
Le comique le tragique
Ficèlent les histoires

Il reste encore
Les arcs-en-ciel
Accrochés aux fenêtres
Ni à l’endroit
Ni à l’envers
Ni noir ni blanc
La vie

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 22 mars 2020

Semaine de 22 mars 2020

Le blues de Cooper


Carte d’identité: Cooper
Genre: chien
Race: Golden Doodle
Âge: 2 ans 1|2
Signe particulier: de nature facile

Mon état actuel:
Un tantinet neurasthénique

La raison: mes maîtres

Émotion cachée:
Je ne peux plus vivre ma vie

Émotion réelle:
Ils ne font plus attention à moi

Les faits:
Depuis que je vis avec eux, ils me laissent seul. Une grande partie de la journée. Je dors quand je veux, je mange mes toutous quand je veux. Je m’allonge sur mon coussin bien rembourré, je baille aux corneilles de temps en temps. Bref, je vis À MON RYTHME!

Mais voici, avec ce qui arrive, à voir leurs mines soucieuses quand ils regardent les nouvelles , je vois que la situation est grave. Résultat ????? Ils sont à la maison. C’est tout bon, me direz-vous... MAIS NON!

Ils m’ignorent, les yeux rivés à leurs écrans, réglant leur travail à domicile.
Il n’y a plus d’avant, il n’y a plus d’après.

Avant, au moment de partir, ils me faisaient un câlin, câlin de chien, mais câlin quand même...
Et surtout, ils m’appelaient à leur retour... COOPER, COOPER, Ah! le beau chien... et ça durait et ça durait. J’étais excité, je sautais, je tournais sur place. Et vous comprendrez qu’avec mon pif de chien, je sentais bien leur joie ...

Maintenant, pas de départ, pas de retour, des heures lisses où ils passent près de moi comme si j’étais transparent.

NON.... JE NE SUIS PAS TRANSPARENT!!!!!

Oui, j’ai droit à ma petite tape affectueuse de temps en temps, mais quand je veux aller sur leurs genoux parce que je crois qu’ils me parlent, ils m’écartent d’un geste inconscient. Ils sont dans leurs fichues videoconférences. JE N’Y COMPRENDS RIEN !!!

Je crois que j’ai hâte de les voir repartir car j’ai hâte de les voir revenir. Ils appellent ça le confinement... il ne faudrait pas que ça dure trop, car j’ai le blues d’avant!

Signé: COOPER, leur 🐕!

© 2020  Véronique Poussart 


dimanche 15 mars 2020

Semaine du 15 mars 2020

Crayons


Le plus souvent
Ils sont à l’abri
Boîtes de carton
Boîtes de métal
Pochettes de tissu
Magasins de jouets
Container en transit

Prélude obligé
Aux jeux des petits
Étalés en vrac
Donnant les minutes de paix
Aux parents trop pressés

Des étoiles filantes
Des pachydermes
Cascades émeraudes
Ou poussins fragiles
Tarzan volant de liane en liane
Scaphandriers en bulles
Dans les coraux multicolores

Quelques crayons suffisent
À dessiner le monde
À le réinventer

Et d’ici quelques semaines
Il faut ce qu’il faut...
Les enfants à la maison
Joueront des bleus et des rouges
En mangeant leurs macaronis!

Véronique

© 2020 Véronique Poussart

dimanche 8 mars 2020

Semaine du 8 mars 2020

Totem

Il n’est construit que de vent
Et se tient fier
Au bord des routes de l’imagination

Il a aujourd’hui
Les couleurs d’un gâteau de 7 ans
Et détient le secret des désirs

Il a 20 ans et sur l’esplanade
Se passe de mains en mains
Avant d’être témoin muet
Dans la chambre du vainqueur

C’est un tesson poli par la mer
Un confetti tombé d’une fête
Une boîte de crayons pour les samedis gris

C’est la branche de saule
Devenant un arbre
Un papyrus s’enracinant dans le bassin

C’est ancré
Navire échoué
Par forces marées

Affirmé comme le jour 
Qui s’allonge
Et dessine ses ombres
Il observe au travers des branches
Immobile et patient
Les bruissements du futur


Véronique

© 2020 Véronique Poussart