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Cassis
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Comme juilletLes fruits s'envolentCueillis au soirCuits au matinLes plus beauxCachés sous les feuillesFruits de gourmandise futureDe journées plus sucréesAbondants et chargés de saveursLe chanoine en fait sirop et dévotionsGrâces lui soient renduesCar le vin blanc rosit de plaisir et se boit fraisLes glaçons s'entrechoquent un instantC'est l'été pour un tempsLa buée sur le verreFait gouttes et sillonsEt les doigts frissonnentSous une canicule bien passagère
Véronique
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Le chapiteau
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C'était soir de cirqueEnfin...Soir d'une fêteImprévue et impromptueJ'avais imaginé les clowns, les jongleursLes trapézistes et les contorsionnistesPrévu des glaces à l'entracteEt des applaudissements à tout rompreDes couleurs en abondanceDes paillettes en quelque sorteUn voyage imaginaire vers les Pluton de l'ailleursDes rythmes endiablés dans la fosse d'orchestreDes voix magnifiques chanter en accord avec chaque gestePrécis si précisMais tout à coup
Je suis Alice au pays des merveillesJe brise les miroirs de toutes les illusionsJe fais éclater mon âme Une fois pour toutesSous le chapiteau des émotions
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Ligne d'arrivée
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Course contre la montreLes virages sont rapprochésEt les côtes abruptesLe champ d'épervièresLà-bas si loinLes vagues bleues de chardons Les trèfles d'étéTrop rapide pour les voirSoumis à la route et à l'effortIl dépasse le pelotonConcentré Entend à peine Le bruit de ses pneusLes doigts serrés sur le guidonÀ quand l'arrivéeL'eau le repos la victoire ?À quand la fin de ce long parcours ?Je lui ai parléNe se battait pas vraiment pour l'honneurNe se battait pas vraiment pour la gloireJuste un chemin pour luiJuste son chemin
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L'ABC de l'été
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L'été faisait barrage
À toute fraîcheur
Il crépitait
Bourdonnait
Faisait ses clapotis de vagues
Et de fontaines
On servait des clafoutis
On goûtait aux profiteroles glacées
Le vêtement se portait léger et flou
Chacun réclamait un temps d'arrêt
Pour réaligner ses neurones
Et à la rigueur se retrouver ignare
Et un tant soit peu borné
Au pays de la lenteur
Au pays des gens calmes et doux
Il ferait bon vivre
Quelques jours d'été
Encore
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Calme plat
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Le ciel filait son calme platAprès s'être gorgé d'eauEt sous l'eauL'ancre filait son calme platRouge du soleil couchantQue regarder que devinerEntre les étoiles filantesLes feux d'artificesLes montgolfières du soirLes lunes qui se lèventGrandissent diminuent se cachentEntre les méduses Les corauxLes bernard-l'hermiteLes sardinesLes galions en perditionLes trésors enfouis sur les bancs de hauts-fondsLes plongées de rorqualsPhotographiées par des touristes avidesJeux d'horizons comme jeux de mainsLà où ça commenceLà où ça finitLes frontières disparaissentLe caché le nomméCe n'est pas vraiment comme ça Aux nouvelles du soir
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Avant
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Avant les territoires
Et les frontières
Avant les murs et les visas d'entrée
Les migrants qui ne migrent plus
Dépassés par les dictats des politiques
Et des peurs
Qu'y avait-il avant ?
L'eau, le feu, l'abri, le clan
Rester vivant
Pas de temps pour les rêves
Pas de temps pour se regarder
Le troupeau est nomade
Et la terre lui appartient
Les femmes sont belles
En portant leurs enfants
Et le minimum n'est qu'un minimum
Qu'y avait-il avant le déluge
Et les guerres fratricides
Les géants des marchés
Les espaces grignotés ?
Juste le feu protecteur
Les ombres projetées
Sur les écrans des cavernes
Des forêts de fougères
Des sables rouges, et blancs et noirs
Et toi et moi et lui
Et les milliards à venir
Et eux et nous
Les mêmes, les mêmes
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En pleine nuit
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En pleine nuitIl cherchait la luneIl cherchait les étoilesIl appelait les réponsesIl posait les questionsLe feu ne brûlait pasNe s'avouait vaincuEt brindilles après branchesSoufflait la chaleur et la lumièreSe tournait contre le ventSe faufilait entre les arbresDécodant les mousses et les pierresIl bâtissait ainsiUn empire dans sa têteDes marqueurs à mieux vivreDes chansons à sifflerDe temps en temps la nuitJe dis la véritéIl cherchait la luneEt trouvait les étoiles