vendredi 10 juillet 2026

Semaine du 5 juillet 2026

La magie des arbres


C’est une histoire d’amour

De troncs et de feuilles

D’aiguilles piquantes 

De lumière sur les tons changeants


Lutins des forêts 

Aux baguettes magiques 

Faisant clairière

Pour les lucioles

Et les fougères fragiles


Ils tamisent les bruits 

Les mettent en sourdine

Loin des sons criards

Entendre la paix des sentiers


Il m’arrive de voir des petits

Caresser leurs écorces 

Et apprendre les textures

Observer leurs crevasses 

Aux paysages inattendus 


Comme un livre d’histoire

Ils racontent des enracinements 

Des persévérances 


C’est une histoire d’amour

De ginkgo et d’araucaria

Désirs et souvenirs

Emmêlés dans un temps vert

Véronique

Véronique Poussart  © 2026


 

lundi 30 mars 2026

Semaine du 30 mars 2026


 J'attends le diaphane du printemps

J’attends le diaphane du printemps

Un air plus doux

Un mouvement des bourgeons

L’élan d’un crocus


Tout aussi

Une eau qui parle en glou glou 

Le long des trottoirs


Les premières oies

Jetant leurs cris courageux

Entre les nuages


Des épisodes tendres

De marches au parc

Et les coulées humides

Au bord des champs


J’attends que cesse l’hiver

Que ce mars recule

Dans les souvenirs

Et de te  voir

Les cheveux au vent

Dans le diaphane du printemps


Véronique

© Véronique Poussart 2026

vendredi 30 janvier 2026


 La neige dans l'esprit d'un rêveur


Dans les grandes chaleurs d’août 

Elle lui apparaît désirable

Un sorbet au milieu de l’après-midi 

Elle semble nacrée 

Comme une coquille 

Abandonnée par la dernière marée


Les semaines passent

Les verts les plus profonds

Coupes de menthe

S’agitent sous les fleurs

Les tubercules ont déjà produit

Fruits et saveurs


Dės lors 

En filigrane des courses en vélo 

Sous la sueur et les soleils cuisants

Il pense à la neige

Aux bonshommes de l’enfance

À la glisse dans la poudreuse

En oublie les verglas tenaces

Les mains aux doigts gourds


Que faire de ce pays

Aux saisons multiples

Et

Magiques


Sinon


Vivre les temps présents

Carapaces contre le chaud le froid

Une rose sous la neige

Un champ vert autour des sapins


Véronique 

© Véronique Poussart 2026


lundi 26 janvier 2026

Lundi, le 26 janvier 2026


 Les degrés de l'invisible


Partir sans laisser d’adresse
Et se faire oublier
En explorant
Des terres nouvelles
Quels trésors trouver
Livres musiques 
Sifflements des vents
Écorces fissurées 
Craquantes de la lente marche des insectes

Qu’y a-t-il à voir
À repérer qui ne soit déjà connu
C’est en soulevant les parois de l’invisible
Que les mouvements du temps
Ont porté leur magie

Je ne m’y attendais pas
Pas vraiment

Véronique


© Véronique Poussart 2026



dimanche 12 octobre 2025

12 octobre 2025


 Courant d'air


L’air vibre
Des tons d’automne
Une à une
Chaque feuille bouge
Le pétiole en amarre
Reprend sa place dans l’arbre
Avant de tomber
De gauche de droite
Elle vire aux vents du jour

Je te regarde
Tes cheveux couleur de cet automne
Cela me plaît
De te voir lire
Près du ginko

J’écoute les uns et les autres
Dans mon silence à moi
Chaque feuille bouge
Dans les tons de cet octobre
Un après-midi
De tout de rien 
Mais pourtant
Si bien

Véronique
© Véronique Poussart 2025


jeudi 25 septembre 2025


 Protection


La pluie tapait fort sur les carreaux

Un parapluie

Des branches


Le bruit des sentiments 

Tapait fort dans le cerveau

Une amitié

Des on se rappelle


Dans les vaisselles 

Entrechoquées

D'un midi pas comme les autres

Un livre une histoire


S'il ne fallait que cela

Et qu'une pluie suffisait


Véronique

© Véronique Poussart 2025

vendredi 4 juillet 2025

Le soleil


 Le soleil

Passé au tamis
Coule bleu
Coule mauve

C’est une épée douce
Entre les toits d’en face
Le chemin des vacances
Ne passe pas ailleurs

Il trace sans conscience
Les mouvements
L’immobilité
Cela donne
Un frisson dans un verre d’eau
Un éclat fugitif
Dans les yeux d’un passant

Dans tes yeux
En passant

Véronique Poussart

© Véronique Poussart 2025

mardi 11 mars 2025

Carnaval


 Carnaval



Les confettis
Tous lancés
Ne restent 
Que couleurs
Pour jouer

Véronique

© Véronique Poussart 2025


mercredi 23 octobre 2024


 Quatre heures dix


J’écoutais la respiration de la nuit
Et l’entendais encore le jour

Un lac un orage une rivière
Et l’eau qui glissait sous les terres desséchées

J’entendais les étoiles s’entrechoquer
Dans le tissu du cosmos
Et les connivences se parler de paix
La peur des biches dans les bois
Et le chant des merles en allés

J’entendais les battements 
Des cœurs en désarroi
Et les chasseurs perdus en forêt
Les sons fondus des trains et des avions
Des nuages et des coups de vent

Parfois
Dans le reflet des réverbères
J’entendais l’aube se glisser
Dans un autre sommeil
Les enfants pleurer d’un chagrin 
Impossible à décrire
Et les plus s’ajouter aux moins

J’entendais surtout
Sa présence
Pas si loin
Et le bruissement des pensées
Qu’il éparpillait
Amoureux des mots
Et d’une ribambelle d’idées
Laissées à la page quatre-vingt-huit du dictionnaire

Le long des minutes
Encordées 
En échelle solide
Je touchais l’intouchable
Et le sortais 
De son carcan
Pour mieux le voir palpiter 

Je rangeais un bout du temps
Une seconde mille secondes 
Je le faisais éternel
Et le polissais 
Comme un galet dans le rapide

Puis à nouveau
Le matin venu
Je rangeais ces respirations à ma guise
Je regardais ses yeux
Et partais en voyage

Véronique 
© 2024 Véronique Poussart

dimanche 8 septembre 2024

8 septembre 2024


 Origami


C’étaient de fins papiers japonais
Aux couleurs irisées
Assortis aux phrases
Et aux regards
J’avais pourtant bien cherché
Sans en trouver un seul
Pour plier les folies d'un demain

Au détour d’un instant
Dans une vieille librairie
Sous un carton bariolé
Ils se sont pris d’envie
Valse danse entrechat
De glisser un pas de deux
Puis la musique si lancinante
Des amours déployées
A rempli tout l’espace
En cette fin d’été

Véronique

© 2024 Véronique Poussart

vendredi 6 septembre 2024

Perdre le fil


 Perdre le fil

Sans ciseau 
Il s’est rompu quand même 
À force de l’étirer
De le dénouer
D’en emballer 
Des cadeaux éphémères
De chanvre 
De lin 
De soie
De l’entortiller sur les doigts
De le bobiner
De le mettre en réserve
Au cas où

Je l’ai trop bien rangé
Il s’est évaporé
Ma mémoire ne s’en souvient plus

Il était bleu
Il était rouge
Et blanc
Il avait tenu mon enfance
Ma mémoire ne s’en souvient
Presque plus

Véronique 

© 2024 Véronique

lundi 2 septembre 2024

2 septembre 2024


 Abstraction douce

 La vie parfois se déforme
Crie ses révoltes
Ensence ses dieux
Met sur pause
Ou
Accélère le mouvement

Chaque jour ressemblera-t-il
Aux promenades déjà faites
Que dire des peines passées
Et des rêves
Que dire

Les chansons en incantation
Reste 
Reste
Les brouillards dans les yeux
Savent bien que non
Le voyage est sans fin
Les cartes d’embarquement
Déjà périmées

Sur la route du parc
À petits pas
Regarder les arbres
Regarder les nuages
Se dire
C’est déjà fini

Véronique

© 2024 Véronique Poussart


mercredi 28 août 2024

28 août 2024


La rentrée 


Le vent nous porte
D'est en ouest
De détours 
En détours

Des voyages 
Aux destinations
Improvisées
Parce qu'une image
Parce qu'une intuition

Bouger
Aller voir
Recommencer

Véronique
© Véronique Poussart

mardi 27 août 2024

27 août 2024


 Orages d'été


Conjuguer le verbe pleuvoir 
À tous les temps
En s'amusant
Sous un parapluie

Il a plu
Il pleut
Il pleuvra

Ce n'est que parfois 
J'en suis rassurée !

Véronique

© Véronique Poussart 2024

dimanche 18 août 2024

Semaine du 18 août 2024


 Icare

Ne restaient que des troncs carbonisés
Des cendres brûlantes
Un silence impressionnant
D’oiseaux envolés

Un chemin se dessinait encore
Traces fragiles de jours heureux
Tout ce vert absent
Se disaient-ils
Toutes ces futaies protectrices
Les bruits de vie
D’heures lumineuses
Un lièvre
Une biche
Un renard
Une cascade

La peur les larmes
L’abandon d’un lieu fertile

Des promesses fait-on savoir
Les cocottes de pin
L’enjambée protectrice
D’un feu impatient
Une tourbe humide
Un ruisseau aux galets polis

En seule mémoire
Le désir
En seule mémoire
Une feuille s’envole

Véronique

© 2024 Véronique Poussart

dimanche 21 juillet 2024

Semaine du 21 juillet 2024


 Directions


Une chiquenaude
L’air bruisse
La porte se ferme
Au courant d’air

Les tubes se sont mélangés 
Avant même d’être alignés 
Pourquoi les bleus
Les éclats scintillants du jaune

Choix irrésolus de la nuit
Des pensées éparses 
Le crayon
Hésite 
Divague
Redémarre 
Prend la pose

Chaque geste mène 
À son contraire
Le décidé s’alanguit
Et le doux forcit

Avec un coup de pouce
L’écran a chaviré 
Petit navire de l’irrésolu

Une chiquenaude
Un regard croisé 
La porte s’est fermée 
À qui la faute
Sinon au courant d’air

Véronique 

© 2024 Véronique Poussart



mardi 25 juin 2024

25 juin 2024

 N'importe où

Il y a toujours un bout de flou en nous-mêmes
Cela flotte entre deux musiques
Enfance amour

Le jour s’écrit
La nuit tergiverse
Des tons de rouges
Des ombres de gris

Étiré en aurore boréale
Clair comme un cumulus en bleu

Il y a du flou presque partout
D’y penser met à peine de la lumière
Demain une moitié peut-être
À dire va là n’y va pas

Que ce soit piano saxo
Là où la note s’estompe
Se glisse le flou
Désirs et infortunes
La montagne est bleue
De sa nuit imparfaite

Une étoile brille au froid
Qu’écris- tu là-bas
Qu’apportes-tu avec toi
Dans tes bagages passés
Tes bagages un peu usés

Le flou  en dedans
Ou comme une écharpe
Flottant au vent
Si je le savais
Je le dirais



Véronique


© 2024 Véronique Poussart

dimanche 23 juin 2024

Semaine du 23 juin 2024


 Partir au loin


Le soleil s'est déplacé sur les bégonias
Les fenêtres croquaient le bleu du ciel
J'ai pensé à tes yeux
Un peu gris
Un peu couleur de mer

Cela suffit-il au bonheur?

Les feuilles bruissaient 
Les oiseaux sautillaient
Cherchant les insectes sous l’écorce 

J’ai pensé à tes yeux 
Un peu verts
Un peu couleur de mer

Cela donne-t-il à rêver?

Dans l’encre délavée
Des années
Croquis et mots d’amour

Cela fait-il un passé?

J’ai pensé à tes yeux
Un peu turquoise
Mélange d'aube et de crépuscule

Les sables infiniment lavés
Sous les clapotis des marées 
Les pierres émergeant
Et transportant les varechs 

J’ai pensé à tes yeux
À nuls autres pareils
Qui me prenaient la main
Pour m’emporter au loin


Véronique

© Véronique Poussart 2024